S’entraîner à la prise de parole comme à la course à pieds

Virginie PilaultNon classéLeave a Comment

Quand j’ai commencé à donner des formations de média-training, une chose m’est apparue très rapidement et très clairement : les hommes et les femmes ne sont pas égaux face aux médias et à l’expression publique.

Il s’agissait de groupes mixtes. Mais la problématique, lorsqu’on commençait à parler interviews et apparitions médiatiques, était clairement différente. Chez les femmes, les mots « boule au ventre » , « voix qui tremble », « petite voix qui me dit que je suis nulle » sont arrivés très vite sur la table. Avec beaucoup de sincérité -et je les remercie de leur confiance- certaines femmes se sont exprimées sur ce qu’on peut considérer comme des symptômes. Avant une conférence, un discours en plénum ou encore un interview à la télé ou à la radio. Même chez les plus aguerries. (Et pourtant, la mode n’est pas à l’aveu des faiblesses, vous en conviendrez !) Visiblement, les femmes de notre pays qui veulent prendre part au débat public doivent combattre, outre le machisme ambiant, leurs propres démons que sont le stress, l’anxiété, le manque d’assurance.

Rien de tel chez les hommes. Rien de verbalisé, en tous cas. Les hommes qui s’expriment publiquement ou dans les médias en Suisse romande sont-ils vraiment libres de tout stress et de toute angoisse avant leur prestation? Eux seuls le savent…en tous cas, ils ne se livrent pas volontiers sur la question. Et globalement, ils ne semblent pas redouter l’exercice autant que les femmes.

Au final, le résultat de cette situation est que même si elle maîtrise parfaitement son dossier, une femme sollicitée par un journaliste pour une interview aura tendance à passer la balle à son collègue masculin pour s’épargner des angoisses. Idem dans une assemblée politique ou associative. Plutôt que de se rendre malade de stress, on préfère laisser parler les hommes à notre place.

Une fois ce constat posé, et quelques soient les raisons du phénomène finalement (il paraît que ça commence à la crèche, comme le disait une éducatrice l’autre soir au 19.30 de la RTS, j’y reviendrai…), il faut trouver des solutions. On peut chercher à vaincre le stress avec différentes méthodes, à travailler ses qualités oratoires, à mieux connaître les trucs et astuces qui vont nous attirer les faveurs de l’auditoire… Mais le maître mot reste : la PRATIQUE !

Pour la parole comme pour le sport, il faut s’entraîner le plus régulièrement possible. En s’obligeant par exemple à intervenir au moins une fois dans toute conversation où il y a plus de trois personnes. Juste pour apporter une précision, raconter une anecdote…c’est déjà prendre la parole, et habituer les autres à ce que vous la preniez. Le faire dans des groupes de plus en plus nombreux si on en a l’occasion, comme on allonge progressivement le temps du footing quand on s’y remet au printemps. C’est dur au début, mais après, on est tellement contente de l’avoir fait !
Bon entraînement à toutes.

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